Me voici rendu vendredi à Veille Aure pour ce 2ème GRP; tout en roulant je me remémore mon GRP 2008 et visualise ce qui m'attend...Et le doute s'installe : ne ferais-je pas mieux de faire demi-tour et passer le week-end à me prélasser au soleil ?
Ce serait dommage après les efforts consentis à s'entraîner pour cet objectif!
Flo et mes enfants sont à fond derrière moi (les petits coups de téléphone pendant la course me redonneront à chaque fois du "boost") et je sais que je suis attendu sur place par la "team" de partenaires de courses, sorties longues et de recos : Michel (Mic31), Yvan (Yvan11), Thomas (Toom) et Romain (Grumlie).
Arrivé sur place, c'est en compagnie de la "team" que je vais retirer mon dossard, faire contrôler mon sac et faire la connaissance de Gjoss.
Dotation : tee-shirt coton sympa, saucisson, pâté, confiture.
Les moyens d'accueil sont décuplés par rapport à l'édition 2008 et l'ambiance est nettement plus festive.
En nous baladant dans le village, nous rencontrons d'autres adeptes de kikourou : Bagdone qui assure le coaching de Martinev, Bernard ( Caroux434) avec la banane....
Tout le monde y va de ses plans de bataille : 12h, 14h, juste terminer.
Yvan en a prévu plusieurs : 15, 18, 21 et 24h.
Pour moi : 17h sans trop y croire ( 17h29 en 2008 ) .
Après une pasta party en solitaire , retour sous le chapiteau pour l'habituel briefing d'avant-course puis retour vers ma voiture transformée en camping car de fortune pour une nuit sans sommeil comme souvent.
Donc pas besoin de réveil pour me sortir du duvet à 4h00. Petit déj composé de muesli + café, "crémage" des pieds, habillage et ultime contrôle du sac.
Malgré la bruine qui tombe, il fait relativement doux, donc je pars en short, tee-shirt+manchettes.
Direction la ligne de départ pour retrouver la "team" et pleins d'autres kikous :
Il y a une super ambiance et beaucoup de monde : le jour et la nuit par rapport à l'édition 2008.
Il y a aussi beaucoup de tension à libérer :
5h00 : le départ est donné de Veille-Aure (791m km0).
Photo Bagdone
La troupe s'élance pour la grande aventure : 75 kms et 4500 m D+
Ultrapassion création
Nous trottinons tranquillement sur la route avant de nous engager sur le chemin qui nous mènera vers les Granges de Lias. A partir de là, ce sera marche rapide ormi une section plane avant Espiaube.
Il pleuvine toujours mais cela n'est pas gênant sauf pour prendre des photos.
Je retrouve Yvan qui monte sur un bon tempo
Je reste dans son sillage même si le rythme me semble un peu rapide : malgré l'effort nous nous parlons régulièrement de choses et d'autres.
Nous n'évoquons pas la possibilité de faire course commune : je sais que le plan optimiste de 15h n'est pas pour moi...Je profite donc du moment, pensant que dès la descente (je connais les qualités de descendeur d'Yvan), je continuerai seul l'aventure. Et pourtant...
Nous passons Espiaube, le jour commence à se lever et la troupe commence à s'étirer dans le brouillard :
Nous atteignons le Col de Portet (2219m-12km) en 2h23. En avance sur le plan 15h !
Rapide ravitaillement avant de repartir sur un beau chemin sur lequel nous pouvons courir régulièrement avant de remonter vers le Lac de Bastan.
Nous passons au dessus des nuages et la luminosité nous permet d'éteindre nos frontales. Les sommets sont dégagés : la journée va être belle :
Nous passons le premier des lacs :
Nous continuons notre progression vers le lac supérieur, le col de Bastanet en point de mire :
Nous sommes rejoints par Chabidou :
Yvan est toujours à mes côtés :
Dans cette montée, nous sommes déposés par Bernard (Caroux434) qui nous annonce en se fendant la poire avoir pris le départ avec 35 min de retard suite à une panne de réveil. Quelle niaque, il s'envole vers le haut comme un avion.
A l'approche du col, nous apercevons Michel plus bas :
Michel qui ne tarde pas à nous rejoindre :
Petite photo souvenir du col de Bastanet (2507m-19km) :
Photo Michel
Pour l'instant, tout va bien, tout le monde souris!! Pourvu "qu'ça" dure !
Michel est en super forme et confiant pour tenir son plan : 14h.
Il terminera bien avant nous en 13h59 : c'est de la gestion de course tip-top.
Il s'élance donc dans la descente comme un cabri.
Nous entamons la descente à notre tour et je m'attends ici à ce qu'Yvan passe à la vitesse supérieure.
Je lui propose de partir devant, il me répond que le rythme lui convient...
Nous continuons donc notre bonhomme de chemin en duo en longeant des laquets :
avant d'atteindre le lac de Campana :
et son refuge :
Nous continuons notre descente :
Une fois passé le lac des Gréziolles, nous repassons sous les nuages et le terrain redevient humide.
Nous atteignons le ravitaillement d'Artigues (1190m-29,6km) en 5h43 avec 20 min d'avance sur le plan 15h.
Remplissage en eau, dégustation de soupe, saucisson, jambon, fromage et oh surprise, c'est Thomas qui nous rejoint. Il est apparemment en grande forme : il nous suivra de près jusqu'au col de Sencours.
Je repart un peu avant Yvan en marchant tranquillement et en profite pour téléphoner à Flo qui me prodigue des encouragements nourris : c'est beaucoup mieux que l'EPO.
Yvan me rejoint et nous reprenons notre allure de montée.
Photo Yvan
Une vilaine douleur talon-tendon d'achille gauche se réveille : elle reviendra par la suite dans chaque montée. J'essaye d'en faire abstraction pour me concentrer sur le chemin et ses embûches.
Nous passons à nouveau au-dessus de la mer de nuage et le pic du Midi se découvre :
Et ça monte :
Yvan est toujours à mes côtés :
Le col se rapproche, nous sommes à mi parcours et quelques concurrents tentent de surmonter leur coup de mou.
Yvan me prend aussi en photo :
Le col de Sencours (2378m-37,3kms) est enfin atteint en 8h02 avec 30 min de retard sur le plan 15h ! Pourtant je n'ai pas l'impression d'avoir chômé dans cette section !!
C'est pas grave, l'essentiel c'est de continuer à avancer.
Yvan profite de cette pause pour passer à table, comme au resto !!
Je m'assois également, même si je n'ai toujours pas eu de coup de mou comme l'an passé.
Thomas nous rejoint peu après et repart assez rapidement ( il doit penser que nous le rattraperons dans la descente !!!)
Après m'être restauré je repart en indiquant à Yvan que je descend en marchant tranquillement pour l'attendre.
J'entame donc tranquillement la descente vers Tournaboup, pensant qu'Yvan allait me rejoindre rapidement mais commence à m'inquiéter au bout d'une demi-heure.
J'hésite sur la conduite à tenir : m'arrêter pour l'attendre (même si on ne s'est encore rien dit, il est clair que nous sommes partis pour aller au bout ensemble, sauf blessure de l'un de nous deux) ou continuer seul jusqu'à Tournaboup et aviser à ce moment.
Sur ce, je vois sa silhouette apparaître plus haut et lui fait de grands gestes...
En me rejoignant, il m'explique qu'une douleur à la cheville l'empêche de dérouler...
Nous atteignons le ravito de Tournaboup (1464m-44,5kms) à 14h38...Nous sommes maintenant sur la base d'un finish en 17h . Je signe tout de suite.
Nous retrouvons Thomas qui se fait strapper la cheville.
Nouveau rituel : remplissage en eau, goinfrerie de quartier d'orange et nous repartons. Nous ne voyons pas Thomas (il nous dira plus tard être parti en nous pensant devant, et du coup, à vouloir nous rattraper à tout prix terminera en moins de 16 h, explosant sa perf de l'an passé : chapeau bas) et nous ne savons pas que nous sommes en fait derrière lui.
Nous attaquons donc la longue montée vers la cabane d'Aygues Cluses en doublant les valeureux coureurs de l'ultra qui ont 120 kms dans les pattes avec à chaque fois un petit mot d'encouragement.
Certains sont encore relativement en forme, d'autres sont plutôt à la dérive...
Pour ma part, un petit souci apparu dans la descente du col de Sencours devient franchement pénible : je pense avoir contracté une conjonctivite (sensation de grain de sable dans l'oeil + larmoiement quasi continuel).
Photo Yvan
A cela se rajoute un "peu" de fatigue, et notre rythme baisse sensiblement.
Passé la cabane d'Aygues Cluses, Yvan ressent un besoin impérieux de manger et nous nous arrêtons 5 min avant d'attaquer les 300 m de dénivelé qui nous attendent pour rejoindre le col de Barrège.
Photo Yvan
300 m de dénivelé qui s'avéreront interminables : gros gros coup de mou, arrêt tout les 5 pas, envie de vomir....Et cette montée qui n'en fini pas.
Seules satisfactions : nous ne sommes pas les seuls à être à la ramasse et les paysages sont magnifiques.
Nous atteignons enfin ce satané col (2469m-52,6kms)
Je demande aux secouristes s'ils ont quelque chose pour mon oeil : rien, il faudra que je fasse avec jusqu'au col de Portet.
Nous engageons tranquillement la descente vers les laquets Coste Queilliere :
Yvan a toujours sa douleur au releveur qui l'empêche de trottiner.
Nous continuons à croiser régulièrement des gars de l'ultra, impressionnants dans l'effort.
Dans la descente vers le lac de l'Oule, je prends un peu d'avance sur Yvan pour m'arrêter , besoin naturel oblige.
Nous atteignons le contrôle du lac de l'Oule(1818m-58kms) à 19h04.
Je passe un coup de téléphone à Flo qui m'apprend que Michel vient d'en terminer..J'en informe son frère et nous conversons tranquillement en longeant le lac de l'Oule..
le soleil se couche et le vent devient glacial : nous enfilons nos coupes vent...
Au bout du lac, nous attendent les derniers 364 m de dénivelé à remonter.
Après le gros coup de mou du col de Barège, je suis inquiet sur ce qui nous attend!!
Et, étonnement, ça passera plutôt bien. Le soleil réapparait, les coupes vent tombent et nous progressons à un rythme de randonneurs, pas super rapide certes, mais on avance et c'est là l'essentiel.
Nous arrivons au col de Portet (2215m-62,6kms) à la tombée de la nuit (20h17). Il y fait un froid glacial.
Je passe sous la tente des pompiers : un pompier me prend en charge, il ne pense pas à une conjonctivite mais à un corps étranger. Il me rince abondemment l'oeil avec un sérum et effectivement, ça va beaucoup mieux.
Photo Yvan
Ouf, je suis rassuré, je n'aurai pas à descendre avec un oeil larmoyant en permanence. Merci monsieur le pompier.
Nous repartons pour les 1400 m D- de descente sur les 12 derniers kms .
Yvan s'arrête pour enfiler un caleçon. Je continue un moment seul, allume la frontale pour être surpris de voir Yvan débouler, tout sourire. Ca sent la fin, le finish et les jambes retrouvent de l'entrain sur la crête du cap de Pède. il fait maintenant nuit noire et nous apercevons les lumière de St-Lary.
Photo Yvan
Un raidillon nous brulera bien les quadriceps avant d'atteindre Soulan.
Plus bas un petit problème de balisage, ou plutôt de non débalisage nous fera perdre une dizaine de minutes.
Nous atteignons le Vignec, et commençons à trottiner puis à courir comme si nous étions tout neufs (c'est juste une impression) pour finir main dans la main au "sprint".
Photo Michel
ON L'A FAIT. ON A TERMINE.
Au diable les plans avec temps de passage, l'essentiel est là : terminer.
Malgré nos têtes de zombies, c'est avec fierté que nous exhibons le tee-shirt finsher tant convoité pendant 17h55..
Photo Michel
Un grand merci à toi Yvan d'avoir partagé cette aventure à la fois sportive et surtout humaine.
Merci à Flo, Jolan et Camille pour leur messages d'encouragements tout au long de cette longue journée.
Un grand coup de chapeau à Michel, Romain , Thomas pour avoir atteint ou dépassé leurs objectifs.
Un clin d'oeil à tous les kikoureurs rencontrés (qu'ils m'excusent s'ils ne sont pas tous cités : c'est que vous étiez certainement loin devant).
Et un grand bravo à tous les participants des 2 épreuves de s'être engagé dans cette rude, très rude épreuve.
Mention à l'attention des organisateurs : c'est du très haut niveau, bravo.
Michel site : sentier-libre.blogspot.com/ | le 31/08/2009 à 18:21:20
Salut Francis,
Tu es le premier à avoir dégainé et sorti un récit du GRP2009. Je me replonge avec plaisir dans ce parcours avant de me mettre moi aussi à écrire.
Très content qu'avec Yvan vous ayez partagé cette grande et belle aventure.
Bravo à vous deux, vous avez bien fait de partir devant comme ça on a pu se voir ;-)
A la prochaine...
caroux le 31/08/2009 à 18:35:19
Superbe récit, photos splendides, course impeccable, que rajouter ?
Bravo
Steve le 31/08/2009 à 21:25:39
Salut Francis,
décidement tu as pris l'habitude de faire tes ultras en tandem. Aprés les templiers 2008 avec Michel, tu enchaine avec une grosse partie des Citadelles 2009 avec moi et pour finir, le GRP avec Yavn. A qui le tour ?
Restons sérieux, trés beau récit qui me fait regretter encore plus de ne pas avoir été de la partie.
Belle aventure et encore bravo pour ce nouveau tee-shirt de FINISHER.
RDV au TOG.
Arnaud le 01/09/2009 à 17:45:56
Hello Francis,
Bravo pour ce 75 km. Cette année, ca n'était pas évident non plus.
J'ai eu des échos de Toom, sur ton parcours et ton association avec Yvan.
J'espère qu'on aura l'occasion de se recroiser prochainement. Au moins pour une reco pour les citadelles version 2010.
Félicitation et bonne récupération
romain site : grumlietraileur.blogspot.com/ | le 02/09/2009 à 08:10:25
Quelle belle équipée menée à bon port! Heureusement que vous n'avez pas trop attendu Thomas...
C'est sympa de voir l'évolution de la météo sur les photos de chacun....
Encore bravo pour cette belle course et à très bientôt pour de nouvelles aventures!
pierre le 04/09/2009 à 10:59:55
bonjour francis,
Félicitatiiiooonnnnn!!!
Quel beau récit, de belles photos, une musique prenante, en vous lisant nous y sommes vraiment!! (aie aie aie j'en ai presque mal aux jambes....)
Ravi pour vous de cet objectif atteint, c'est énorme encore bravo pour tout.!
pierre??
yvan site : yvan11.over-blog.com/ | le 05/09/2009 à 13:33:54
Superbe récit de l'aventure du GRP.
Je l'avais lu le 1er jour puis j'ai préféré attendre d'avoir écrit le mien pour m'y replonger.
Je pense que je le relirai souvent pour ne rien oublier de cette belle et longue journée passée à tes cotés sur ces beaux sentiers pyrénéens.
Merci encore...
Ca été dur mais on l'a eu la camiseta !!!
Amicalement
Yvan
C'est en compagnie de Flo que j'aurais du me rendre à Nasbinals pour vivre cette aventure à 2; malheureusement ses problèmes de genoux récurrents depuis la Sauta roc l'obligent à rester sur le quai...Et c'est avec une pointe de regret dans la voix qu'elle me glisse un "cours pour moi" au moment du départ.
Je ne suis pas non plus très fier, car la semaine dernière a été difficile sur le plan physique : début de lombalgie, névralgie, douleurs dans les jambes...Mais bon, je prends la route quand même; on verra bien comment cela se passe le moment venu.
Arrivé à Nasbinals : récupération du dossard, petit tour sur les stands, balade dans le village puis retour à la voiture pour une pasta party rapide en solo (il ne fait pas très chaud : 13°C et beaucoup de vent) , un peu de lecture, derniers préparatifs pour le lendemain puis dodo.
Enfin dodo, il faut le dire vite; impossible de fermer l'oeil de la nuit. Pourtant je suis bien installé, je ne cogite pas spécialement...Ah , le cerveau et ses mystères.
C'est donc avec la tête dans le ... que je gagne la ligne de départ.
Il fait froid : 6°C , le vent et l'absence de soleil n'arrangent rien.
Ma motivation s'effrite rapidement. C'est quand même 44 kms et 1400 m D+ qui m'attendent.
Au moment ou la sono lance Era, je ne ressens pas l'habituel frisson du départ : ou je suis blasé, ou je suis dans le coltard.
Le départ est lancé, je suis le mouvement sans réfléchir, poussé par la masse.
Nous sortons rapidement du village à la rencontre des premiers alpages.
La troupe s'étire lentement. Mes jambes me tiraillent, je ne dois pas être encore chaud. D'ailleurs, j'ai toujours le coupe-vent sur le dos.
Arrive une première petite bosse dans laquelle je continue de courir alors que beaucoup de trailers passent en mode marche.
Puis un long faux plat de 3 kms sous un ciel couvert qui renforce le vert dominant des alpages.
Je croise un courageux mal voyant et son guide :
Chapeau bas : difficile de ne pas trébucher sur un trail, alors sans la vue !!!
Un peu plus loin, premier des nombreux passages humides et boueux ou nombreux sont ceux qui veulent rester au sec. Ce qui n'est pas mon cas, je sais que les pieds seront trempés sous peu :
Beaucoup de monde devant :
Beaucoup de monde derrière également :
Et du roulant, toujours du roulant...
Nous arrivons à Aubrac, 9 ème km . Je regarde mon chrono : 55 minutes !!!
Je suis surpris d'être aussi "rapide" car les sensations sont plutôt mauvaises : mes ischios- fessiers droit me tiraillent depuis le début.
Nous traversons un premier bout de forêt en monotrace et ça bouchonne un peu ( ce qui sera le cas sur toutes les portions monotrace : impossible de doubler), ce qui m'arrange pour récupérer un peu.
A la sortie de la forêt, c'est un magnifique et inédit sentier en balcon qui nous attend :
Nous nous dirigeons vers le hameau des Enfrux sous quelques traces de ciel bleu :
Puis c'est l'arrivée à l'unique point de ravitaillement à Bonnefon (un peu prématuré ce ravitaillement, je l'aurais plutôt souhaité vers le 27 ou 28ème km...)
19,4 kms de parcourus en 2h02 : je suis encore une fois très surpris car j'ai l'impression de me traîner et de traîner cette vilaine douleur dans la cuisse droite.
2 verres de thé bien chaud, 1 barre de pâte d'amande et je repars sur un beau chemin bien large, bien roulant
qui nous mène à l'entrée du bois des Fouillous...Et là, le terrain change de nature : le chemin d'abord en descente, ne présente pas de bons appuis, c'est glissant et ça bouchonne un peu
Cela devient même très cross pour remonter le torrent jusqu'au petit pont.
Nous sommes au point le plus bas de la course et je sais que la remontée du vallon des Picades va être usante. Il faut donc gérer l'effort, et ne pas tomber lors des traversée de gués (pas de soleil pour se réchauffer) :
Ne pas hésiter à relancer sur le plat même si le corps commence à rechigner
Nous passons sous la route qui marque le début de la dure montée qui nous attend (600 m D+)
Effectivement, ça monte immédiatement après
Un concurrent me prend en photo ( si si, mes chaussettes étaient propres au départ)
Nous passons devant le lac des Picades
puis reprenons notre ascension
La pente augmente et nous atteignons le bas des pistes de la station de Brameloup....
Les remontées mécaniques sont à l'arrêt. Pas sympa.
C'est donc sur nos 2 jambes que nous attaquons la remontée de cette piste de ski
Ça commence à coincer dur pour beaucoup.
Toujours malgré mes douleurs "ishiofessières", je garde un bon rythme et double quelques "collègues".
Puis arrive le fameux "mur" dans lequel nous avons tout loisir d'observer la flore de très près
Le sommet du Suc de Born est enfin atteint
Je souffle et respire : le plus dur est derrière moi, plus que 14 kms de footing tranquille...Erreur, c'est sans compter l'accumulation des kms, ni le fait que le terrain n'est jamais plat, et mes douleurs persistantes.
Avant la relance, je fais une petite photo fleurie :
S'en suit une succession de descentes douces, de faux plats roulants dans lesquels je commence à alterner marche et course
A partir de maintenant, je cours pour Flo, et me remotive en me voyant franchir la ligne d'arrivée.
Un moment d'inattention et c'est une belle gamelle. En me relevant, un début de crampe à ce récalcitrant ischio me fait retomber à terre. Heureusement, ce début de crampe s'estompe rapidement et je trottine donc dans ces grandioses paysages de l'Aubrac
Un autre arrêt s'impose : un caillou me blesse le dessous du pied. En me rechaussant, c'est une crampe au mollet qui m'impose un étirement de celui-ci.
Je repars en décomptant les kms : 10,9,8,7,6...Au moral, cette fin de parcours.
Je me surprends à trottiner sans relâche sur le plat. Seules les montées me font marcher.
D'ailleurs, nous voici au pied de la dernière bosse de la journée (dans ma tête : plus que 5 kms)
Arrivé en haut, je sais que c'est gagné, même en marchant.
Effectivement, la fin de ce parcours se fait en trottinant et en faisant abstraction de mes jambes devenues de bois.
A 200 m de l'arrivée, une grande clameur dans le public : c'est le 2ème de l'Ultra, Michel Verhaeghe, qui en fini. Je suis impressionné par la la manière avec laquelle il me dépose après 85 kms...
Je savoure néanmoins cette dernière ligne droite et franchi la ligne d'arrivée en 5h20m58s. Et là encore surprise : 13 min de moins que l'an passé!!!
Je me dirige ensuite vers ce pourquoi je suis vraiment venu :
Aligot-saucisse : excellent pour la récup (c'est bien sur faux pour la récup physique, mais excellent pour la récup mentale).
Et mon premier geste en rentrant à la maison sera de fixer avec fierté cette 3ème plaque finisher.
Et de 3
Steve le 22/06/2009 à 14:42:52
Bravo Francis, tu as souffert mais tu sais bien qu'il n'y a pas de belle victoire sans douleurs !
"Finisher" ça se mérite.
Je souhaite à Flo une bonne guérison et à toi une bonne récup.
Bonne prépa pour le GRP.
Steve
Michel site : sentier-libre.blogspot.com/ | le 22/06/2009 à 19:44:10
Me voila rassuré, je pensais que tu avais beaucoup plus galéré et souffert. Au final un meilleur chrono qu en 2008 et une usure normale après toutes ces parties roulantes. Fais gaffe quand même à ces douleurs.
Amitiés à Flo, en espérant la revoir bientot sur les sentiers.
grumlie site : grumlietraileur.blogspot.com/ | le 23/06/2009 à 07:28:35
Et bien tu n'as pas fait le déplacement pour rien! Bravo pour cette belle perf. Bonne récup et à très bientôt sur les sentiers. Le Grp nous attend...
laurent le 23/06/2009 à 22:02:57
P....! Quel beau récit que tu nous as fait encore une fois ! merci pour les photos !
Et une belle course avec ça !
Laurent
yvan site : yvan11.over-blog.com/ | le 24/06/2009 à 00:00:49
Superbes paysages quoique un peu trop fréquentés à mon gout.
Bravo pour la perf ( physique et mentale ).
Récupères bien avant de poursuivre la prépa du GRP..
Amitiés et voeux de rétablissement à Flo.
tooom site : tooom.sport.fr | le 30/06/2009 à 11:01:56
Bien joue Francis, malgre la douleur l'entrainement paye et te permet de prendre le dessus. Mais qu'est-ce qu'on ferait pas pour un aligot/saucisse :-)
Bonne recup et a bientot
Thomas
cawito46 le 04/07/2009 à 22:32:58
bravo le gars Francis. J'aimerais bien faire le même temps déjà sans les douleurs !!! maintenant, faut reposer tout cela et surtout ne pas créer de complications surtout avec tes objectifs de seconde partie de saison.
Bonne récup et bon rétablissement à ta compagne.
millepattes77 site : http://millepattes77.over-blog.com/ | le 11/07/2009 à 20:46:37
Blog sympa avec des récits vivants, bravo pour toutes ces perf
sportivement
pierre
Raspes ??? Vite le dico : défilés encaissés et sauvages, où serpente le Tarn.
Définition engageante que m'amène ce 31 mai dans le petit village de Malvieu, dans l'Aveyron pour prendre le départ de ce trail de 19 kms et 900 m D+.
Récupération du dossard, consultation du parcours et du profil relativement simple,
petit café, puis direction la ligne de départ.
Nous ne sommes pas très nombreux, 46 participants, à nous élancer sur ce parcours qui commence par une bonne descente qui scinde rapidement la troupe en 2.
Le village s'éloigne rapidement dans un ciel d'orage dont les grondements se font entendre au loin.
Une pluie fine nous rafraîchit sur la piste qui nous mène vers le premier point haut.
La fatigue du trail des 3 rocs, couru il y a 10 jours, me plombe un peu les jambes et dans cette montée pourtant roulante, je suis rapidement obligé d'alterner marche rapide et course.
Je m'attend donc à me faire rapidement doubler...Ce qui curieusement, ne m'arrivera qu'en une occasion.
Arrivé sur le plateau, le temps se bouche de plus en plus et les roulements du tonnerre se rapprochent.
Et toujours du roulant...
Du roulant et encore du roulant...
Nous traversons le village de St Victor
où un curieux spectateur nous encourage :
La pluie redouble d'intensité, ce qui fait apparaître de nouveaux compagnons de route que je double sans aucun problème :
Nous nous engageons enfin (9ème km) sur le fameux sentier des raspes
Sentier rendu très glissant par la pluie, qui est devenue battante.
Je suis trempé mais comme il ne fait pas froid, ce n'est pas trop désagréable.
Je rattrape une concurrente, qui, chaussée de running classiques, est obligée de ralentir pour ne pas glisser.
Nous entamons la descente vers les raspes sur un sentier monotrace très technique (beaucoup de rochers).
A mi hauteur, le sentier part en balcon au dessus du Tarn
Je rattrape un autre concurrent
Les vues et perspectives sont magnifiques malgré l'absence de soleil :
Un peu plus loin, une belle gamelle me conduira à ralentir le rythme (prudence, prudence : ça glisse beaucoup).
Un dernier coup d'oeil sur ces raspes qui prennent aujourd'hui des airs de fjords scandinaves :
Puis c'est la remontée, technique dans un premier temps (les cordes mises en place sont bien utiles), puis roulante dans un second temps.
Je rejoins un concurrent avec qui je tracerai un bout de chemin sous une pluie qui n'en fini pas.
De retour sur le plateau, nous longeons un ensemble incongru dans cette belle campagne :
La piste descend ensuite, ce qui me permet de faire mouliner les jambes et de rattraper un autre concurrent.
Le village est en vue, plus que 2 kms, en descente pour l'essentiel.
Une dernière petite côte dans le village et je franchi la ligne en 2h21min en 29ème position.
Vite direction la douche (en fait, cela fait 2h que j'y suis!) et le buffet campagnard très convivial pour conclure cette matinée.
Un petit mot sur l'organisation : simple, conviviale et sympathique.