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Templiers 2009






Tout commence la veille. Arrivé sur Nant la veille pour récupérer mon dossard, je rejoins rapidement le stand des Citadelles, sur lequel Michel et Yvan sont à la manœuvre pour promouvoir cette course également mythique. J'y retrouve également Steve. Nous dégustons ensemble un excellent gâteau aux noix fort peu diététique, mais bon, vu l'effort à fournir le lendemain, on peut se lâcher ...



Je leur fait part de mon manque de motivation lié à mes douleurs récurrentes, ce qui laisse augurer un arrêt bien avant la ligne d'arrivée.
Après avoir devisé sur nos projets pour 2010, je retourne préparer ma nuit dans la voiture transformée en camping-car version minimaliste.
Je n'oublie pas de changer l'heure. Pasta en solo avant de passer une nuit pas si mauvaise que ça, ce qui est rare pour moi.
Le fait de m'être préparé à un abandon rapide y est certainement pour beaucoup.
Debout à 4 heures : céréales + café, massage des guiboles à l'huile arnica, ultime vérification du sac puis direction la ligne de départ pour rejoindre les 2900 "collègues". Il fait très doux et c'est en short + tee-shirt manche courte que je m'élance au son d'Era.
La course est mythique, le départ l'est encore plus.
Et c'est parti pour 70 kms et 3200 mètres de dénivelé positif.



Je trottine donc sans essayer de suivre l'allure générale, à la recherche de sensations ; Dans ces premiers kilomètres, je retrouve "le bagnard" avec qui j'avais échangé quelques mots la veille. J'apprendrai le soir son arrêt prématuré, bloqué par la barrière horaire de Dourbies.



Je consulte ma montre : 5 kms de parcourus et l'impression d'en avoir fait 10; des élancements douloureux dans les ischios, les adducteurs qui titillent...



Et voilà que se profile un abandon  à Sauclières...
Encore faut-il y arriver : faux-plats montants, petit coup de cul qui fait bien monter la température ;



Puis footing sur l'ancienne voie ferrée, traversée des tunnels. Que c'est long, que c'est long...J'arrive finalement à Sauclières avec seulement 20 min d'avance sur la barrière horaire. L'ambiance est formidable, les encouragements fusent et du coup, sans trop réfléchir, je continue ma route..
Le jour commence à se lever, mais le soleil reste timide dans ce début d'ascension vers le col de la guérite :



La troupe s'étire; j'ai du mal à m'y situer : autant de monde devant que derrière!



La pente se redresse et tout le monde passe en mode marche.




Le vent devient violent, mais la température reste supportable pour moi, je ne met donc pas le coupe-vent contrairement à beaucoup d'autres coureurs.



La pente se redresse un peu plus : passage en 1ère lente.



Le paysage prend un aspect fantomatique



Je me sent un peu plus à l'aise dans ces montées franches; il me semble même moins souffrir!


 
De toute manière, mon esprit tourne au ralenti , j'avance sans trop me poser de questions;



Après 25 kms, la troupe reste compacte;






Le col de la Guérite est enfin atteint. Et c'est reparti pour 2 ou 3 kms de roulant en faux plat descendant, toujours dans le brouillard.




Et juste avant d'attaquer le final vers le St-Guiral, le soleil, franc, fait son apparition



La pente est sévère, mais ce soleil adouci l'effort; Je retrouve un bon moral.



Un premier bouchon se forme






Passage serré dans les genets:



Le "St-Graal" est enfin atteint. 35 min d'avance sur la barrière horaire.



C'est le moment de relancer :



Et Oh miracle, je ne ressent pratiquement plus les inflammations diverses du début de course; je trottine donc allègrement ( à défaut de rapidement et avec légèreté )



Dans la descente qui suit, mes quadris encaissent assez bien, mais je pense au rapaillou qui nous attend en face :



Et effectivement, ça remonte dur dur...



Petite balade en balcon, plus que 3 kms avant le ravito..Dans la descente qui suit, mon orteil droit cogne violemment contre une pierre, me donnant l'impression d'avoir l'ongle cassé ou retourné, la douleur est fulgurante et m'arrache un cri.



J'arrive à Dourbies (39 kms) avec 45 min d'avance sur la barrière horaire. L'accueil y est digne d'une étape du tour de France. Le moral se regonfle aussitôt à bloc. Je prend donc le temps de bien me ravitailler (orgie de tartines au Roquefort). La question d'abandonner ne se pose plus; le prochain ravitaillement est à 9 kms, je me sent capable de les faire, j'aviserai donc à Trèves.
Je m'engage donc dans la longue montée vers les crêtes de Suquet.





Cette longue montée me ramène au Grand Raid des Pyrénées, tant ce sentier ressemble à un sentier de montagne,



Arrivé au sommet, je relance tranquillement. La fatigue se fait sentir, et dès que la pente se redresse, même légèrement, je marche.



La vrai récompense de cette course : ce fabuleux paysage :



Envie soudaine de s'arrêter, s'allonger et rester là en contemplation..



Mais n'y pensons pas, et continuons. Au même moment, l'élite du trail passe la ligne d'arrivée, quelques 25 kms au loin. Chapeau à ces performers et performeuses!



Après quelques bosses, c'est la descente vers Trèves, humide et glissante. Je soigne mes appuis et déroule une bonne foulée malgré le supplice que m'impose l'ongle cassé/retourné de mon orteil.




Photo Michel


Arrivé en bas, je n'en croit pas mes yeux : Steve que je croyais loin devant (plan de route en 11 h) et Michel venu sympathiquement à notre rencontre.




Steve est en galère : il n'arrive plus à s'alimenter, rien ne passe. L'hypoglycémie n'est pas loin car il est également pris de vertige.


Photo Michel

Nous rejoignons tranquillement le ravitaillement de Trèves.
Je suis à ce moment persuadé qu'une fois que Steve ce sera refait "la cerise", nous repartirons pour finir à 2 cette course .


Photo Michel

Arrivé à Trèves avec 1h15 d'avance sur la barrière horaire, je prend le temps de bien me ravitailler et m'hydrater (il est 12 h30 et la chaleur se fait sentir) pendant que Steve se fait examiner par un médecin.
Benoit (Benoit11) et Jérôme (Phyléa) qui ont couru l'ultra l'avant-veille sont également là pour nous encourager. Sympa.


Photo Michel

Le verdict tombe : le médecin n'est pas chaud pour laisser repartir Steve, craignant une grosse défaillance ultérieure.
Après lui avoir glissé un petit mot de réconfort, je repars donc seul.


Photo Michel

Je prend en photo Michel (super sympa d'être monté à notre rencontre :)) qui lui même me photographie:



Dans le premier virage, c'est encore Michel qui nous fait un clin d'oeil.



La montée sur le causse est terrible, il fait très chaud et je me sens bien seul, aussi je met en œuvre mon MP3 en fond sonore.
Arrivé sur le plateau, il faut relancer :




j'alterne donc marche et footing...Le temps semble s'être arrêté sur ces plateaux arides et secs :







Arrive une descente technique, en partie en devers glissant; mon orteil me fait terriblement mal, mais pas l'choix, faut avancer;



Arrivé en bas, je ne vous fait pas un dessin : il faut remonter :



La troupe est au ralenti, fatigue et chaleur obligent.



Cette grimpette rocailleuse n'en fini pas.
Quelques concurrents sont à l'arrêt total, la tête entre les jambes . J'ai une pensée pour Steve et me dis qu'il bien fait de stopper à Trèves.



Enfin, nous émergeons à nouveau sur le plateau.



Un peu de relance sur le sentier en balcon







Puis descente technique vers Cantobre. Et ça bouchonne bien comme l'an passé, ce qui permet de descendre prudemment ( c'est le côté positif de la chose). Mon orteil se rappelle à mon bon souvenir Aïe Aîe.



J'arrive à Cantobre,je me ravitaille. J'ai la banane : je sais que quoiqu'il arrive, je terminerai.

Et je repars confiant.
Un concurrent qui redescend dans un brancard me ramène à la réalité : tant que la ligne n'est pas franchie, rien n'est gagné.



Dernier regard en arrière vers Cantobre, village perché.



Grimpette qui n'en fini pas, mais je prend mon mal en patience et savoure les couleurs que donne le soleil s'abaissant sur l'horizon





Arrivé sur le plateau, 2 kms de footing ( tiens, j'ai encore des jambes !) avant le roc nantais qui marque l'amorce du final.
Et là, un coureur derrière moi nous harangue " Allez les gars, moins de 12 h c'est jouable si tout le monde envois".
Imperceptiblement, le train que nous formons accélère. Et le gars qui continue sa harangue "Allez les gars , c'est bien",  " on lâche pas ". Et nous voilà à "dévaler" (tout est relatif après 67 kms de course) comme des furieux.
Nant est vue, la voix du speaker au loin nous donne des ailes



Et je franchi la ligne en 11h50m10s, 1310ème, mais fier de ce 3ème finish sur cette superbe course.




Commentaires

Michel le 27/10/2009 à 15:29:11
J'ai du arriver trop tôt, il y a toutes les photos mais pas le texte...
Je repasserai (même si je connais le dénouement)

Steve le 27/10/2009 à 17:55:50
Un grand bravo pour être allé au bout encore une fois. La lecture de ton récit me conforte dans ma décision de l'arrêt à Trêves. Le ventre vide je n'aurai pas passé le Causse.
Pour un final à 2 ce sera avec plaisir une autre fois ici ou ailleurs.
Encore merci pour ton soutien pendant la course et à bientôt sur les sentiers en fonction de nos calendriers.

Michel site : sentier-libre.blogspot.com/ | le 27/10/2009 à 22:45:09
Content de voir que tu es allé au bout, je n'en suis pas surpris tu avais l'air très bien à Trèves.
Je suis content d'avoir fait un bout avec toi et Steve, un bout de la fête.
La médaille est superbe, je viendrai la chercher en 2010.

lule le 28/10/2009 à 20:09:29
Et de trois! clap clap clap, bravo! Un 4ème en 2010 peut être..?! :d
Les photos ne s'affichaient pas, j'ai bien fait de repasser ce soir! Merci pour ce cr si joliment illustré.

Bonne récup' et à bientot, lule

yvan site : yvan11.over-blog.com/ | le 29/10/2009 à 08:49:35
Bravo pour ta course pleine de sagesse.

Rendez vous en 2010 pour peut etre la finir ensemble...

A bientot

Yvan

Le 27/10/09 à 16:00, commentaire de Papillon
Chouette CR, bravo pour ta course... le trail ce sont des courses dans la course, il vait raison le gars, il ne faut rien lâcher, jusqu'au bout!

Le 27/10/09 à 16:57, commentaire de ki3404
super CR qui donne envie d'y revenir ;)
Sébastien

Le 27/10/09 à 18:44, commentaire de Fredy
Tiens, on a surement du se croiser. Je fini en 11h46. Le kikou avec un genou strapé qui saute à cloche pied, c'était moi ;-)

Au plaisir de faire connaissance.

Le 27/10/09 à 19:42, commentaire de Le Bagnard
Chouette CR Francis !!! et content de t'avoir rencontrer Bravo pour ta course ;-)) au plaisir de recroiser ta foulée

Le 27/10/09 à 20:17, commentaire de Phylea
Bravo Francis pour ta course et merci pour le CR.
A bientot peut etre sur un off.

Jérome

Le 27/10/09 à 21:36, commentaire de Berty09
Alors cet ongle, cassé ou retourné??
Même si on ne saura pas tout, on imagine bien le courage qu'il faut pour ce genre de courses...
Mille bravos.

Le 28/10/09 à 17:14, commentaire de Marlène/Mô
Bravo Francis, pour ce 3ème finish. Ce qui m'inquiète dans ces longs trails, ce sont les entraînements que ça nécessite.
Quel courage !

Le 28/10/09 à 21:10, commentaire de Gibus
Bravo Francis
Encore finisher
Tu es un vrai Templier.

Le 29/10/09 à 18:42, commentaire de laulau
Bravo Francis pour ton courage. Je n'ai pas eu le même...

Posté le 26/10/2009 | 97 consultations | 5 commentaires | Voir et commenter l'article

Pic de Bassibié - Dimanche 11 octobre 2009

Pour se rassurer avant les Templiers ( après une semaine "blanche" due à des douleurs en tout genre dans les jambes), c'est au départ du village de Gourbit (900m) que Flo et moi attaquons cette randocourse de 14 kms et 1250 m D+.



La première partie de cette montée doit nous mener à l'étang d'Artats ou d'Artax.
Nous cheminons à travers bois sur un rythme soutenu.
Une petite pluie nous cueille à son orée. Ouf, elle ne dure pas.





L'étang (1500m) est rapidement atteint en 1h05.




Cela mérite une petite halte.




Nous reprenons notre progression hors sentier, un incendie (ou écobuage??) ayant fait disparaitre toute trace de passage.




Cette montée est particulièrement rude.




Nous atteignons finalement la ligne de crête et pouvons apercevoir de l'autre coté de l'étang, notre itinéraire de retour.



Il ne reste plus qu'à progresser sur cette large ligne de crête pour atteindre le pic de Bassibié (2114m) où un vent glacial nous accueille.



Nous entamons le tour de ce cirque naturel,



La suite du parcours : une succession de bosses sans difficultés particulières.




Les vues sont néanmoins aéeriennes




C'est aux abords du Pla de Madame que nous ferons la pause casse croute, à l'abri du vent derrière un rocher.




La descente commence tranquillement par un long faux plat et passe par le roc de Querquéou




La pente s'accentue à travers les fougères flamboyantes




Nous atteignons le col de Lasiris (1427m)




à partir duquel nous retrouvons le balisage rouge et jaune du Tour des Trois Seigneurs.




La suite de la descente se fait sans problème à travers une hêtraie jusqu'au parking.
Un engin incongru témoigne d'un passé minier



Conclusion :
Superbe balade en boucle malgré le temps maussade ( sommets aux alentours dans les nuages), un plaisir toujours intense de partager ces moments avec Flo mais
l'objectif "se rassurer" n'est pas atteint : La montée s'est déroulée sans problème, mais dès que j'ai pu courir, ce ne fut qu'à faible allure; alors les Templiers, c'est p't'être ben qu'oui, p't'être ben qu'non!!!

Posté le 12/10/2009 | 16 consultations | 3 commentaires | Voir et commenter l'article

Trail Off de la Gariotte 2009

Ce Dimanche 27 septembre, Flo et moi organisions un Off autour de Douelle : le TOG, Trail Off de la Gariotte.


Photo steve


Au programme : 22 kms en 3 boucles.



900 m de D+



L'occasion de faire partager notre terrain de jeux à une bande de Off super sympas,


Photo Michel


de découvrir la fameuse gariotte,



De découvrir de somptueux panoramas,



De courir quand même,


Photo Michel

de trébucher parfois,



Et surtout, un grand moment de convivialité :




Un grand merci à mes parents, ma sœur et son mari pour leur soutien logistique.

D'autres photos sur le site du TOG

Les récits d'Yvan, Steve et Michel à lire sans modération.
La vidéo de Thomas à visionner sans retenue.



Posté le 04/10/2009 | 16 consultations | 3 commentaires | Voir et commenter l'article

Trail des 3 collines 2009

Après la rude aventure du GRP suivi de 3 semaines de récup, il fallait bien se remettre en selle, et pour cela, rien de tel qu'un bon petit trail nerveux à souhait : une troisième participation au T3C (16 kms, 900 m D+).
Nous voici donc rendu, avec Flo, à Ségura, petit village de l'Ariège pour  récupérer nos dossards.
Nous nous dirigeons tranquillement vers le chapiteau quand Yvan viens nous informer que le départ a lieu à 16h, alors que j'étais persuadé d'un départ à 16h30.

Panique à bord!
Et c'est dans la précipitation que nous nous préparons pour  rejoindre la ligne de départ 5min avant le coup de feu.
Nous y retrouvons, Jérôme, Yvan mon partenaire du GRP, Régis, Laurent, la bande des "zinzins des côteaux" venus en force.



 
 
Avec Flo, nous décidons de faire course séparée car je veux me tester.


 
Le départ est donné. Nous entamons une légère montée suivie d'environ 2 kms de plat. Je m'emballe un peu et cours cette portion à 12 ou 13 km/h . J'avais oublié que l'on pouvait "envoyer" comme ça ( tout est relatif : pour moi 13 km/h, c'est presqu'un sprint).

A l'approche de la montée vers le Cap de la Baillère, je me calme rapidement, il s'agirait pas d'exploser en plein vol !


 
 
Après une première descente, nous remontons sur les crêtes de Belveze. Je marque un peu le pas physiquement et moralement : impression que cela va trop vite pour moi.


 
Puis tout schuss vers le ravitaillement de Gudas; Je ne m'y arrête qu'une petite minute.
Dans la montée qui suit, les relayeurs tout neufs, attaquent franco.


 
Suis une belle descente qui chauffe à blanc mes quadriceps avant d'attaquer la longue montée du mont Pastouret

 
Mode marche rapide en début de pente.


 
Puis la pente se redresse franchement dans le petit bois. Je remonte quelques coureurs dans cette portion.

Arrivé en haut, je relance à bloc.
Restent 2 mamelons à franchir avant la dernière descente.

 
Reste 500 m de plat puis la classique remontée vers le village sous les encouragements nourris des spectateurs.
 
Mon temps : 1h58 soit 15 min de moins que l'an passé mais 2 min de plus qu'en 2007 !!
Donc pas trop mécontent.
Flo arrivera quelques minutes plus tard.
Nous buvons un coup en compagnie d'Yvan et Jérôme et nous donnons rendez-vous pour l'un au TOG et pour l'autre à Nant.




Posté le 20/09/2009 | 23 consultations | 3 commentaires | Voir et commenter l'article

Grand Raid des Pyrénées 2009

Me voici rendu vendredi à Veille Aure pour ce 2ème GRP; tout en roulant je me remémore mon GRP 2008 et visualise ce qui m'attend...Et le doute s'installe : ne ferais-je pas mieux de faire demi-tour et passer le week-end à me prélasser au soleil ?

Ce serait dommage après les efforts consentis à s'entraîner pour cet objectif!

Flo et mes enfants sont à fond derrière moi (les petits coups de téléphone pendant la course me redonneront à chaque fois du "boost") et je sais que je suis attendu sur place par la "team" de partenaires de courses, sorties longues et de recos : Michel (Mic31), Yvan (Yvan11), Thomas (Toom) et Romain (Grumlie).

Arrivé sur place, c'est en compagnie de la "team" que je vais retirer mon dossard, faire contrôler mon sac et faire la connaissance de Gjoss.

Dotation : tee-shirt coton sympa, saucisson, pâté, confiture.

Les moyens d'accueil sont décuplés par rapport à l'édition 2008 et l'ambiance est nettement plus festive.

 

En nous baladant dans le village, nous rencontrons d'autres adeptes de kikourou : Bagdone qui assure le coaching de Martinev, Bernard ( Caroux434) avec la banane....

Tout le monde y va de ses plans de bataille : 12h, 14h, juste terminer.

Yvan en a prévu plusieurs : 15, 18, 21 et 24h.

Pour moi : 17h sans trop y croire ( 17h29 en 2008 ) .

 

Après une pasta party en solitaire , retour sous le chapiteau pour l'habituel briefing d'avant-course puis retour vers ma voiture transformée en camping car de fortune pour une nuit sans sommeil comme souvent.

 

Donc pas besoin de réveil pour me sortir du duvet à 4h00. Petit déj composé de muesli + café, "crémage" des pieds, habillage et ultime contrôle du sac.

Malgré la bruine qui tombe, il fait relativement doux, donc je pars en short, tee-shirt+manchettes.

Direction la ligne de départ pour retrouver la "team" et pleins d'autres kikous :

 

 

Il y a une super ambiance et beaucoup de monde : le jour et la nuit par rapport à l'édition 2008.

Il y a aussi beaucoup de tension à libérer :

 

 

5h00 : le départ est donné de Veille-Aure (791m km0).


Photo Bagdone

 

La troupe s'élance pour la grande aventure : 75 kms et 4500 m D+

 

Ultrapassion création

 

Nous trottinons tranquillement sur la route avant de nous engager sur le chemin qui nous mènera vers les Granges de Lias. A partir de là, ce sera marche rapide ormi une section plane avant Espiaube.

Il pleuvine toujours mais cela n'est pas gênant sauf pour prendre des photos.

Je retrouve Yvan qui monte sur un bon tempo

 

 

Je reste dans son sillage même si le rythme me semble un peu rapide : malgré l'effort nous nous parlons régulièrement de choses et d'autres.

Nous n'évoquons pas la possibilité de faire course commune : je sais que le plan optimiste de 15h n'est pas pour moi...Je profite donc du moment, pensant que dès la descente (je connais les qualités de descendeur d'Yvan), je continuerai seul l'aventure. Et pourtant...

Nous passons Espiaube, le jour commence à se lever et la troupe commence à s'étirer dans le brouillard :

 

 

Nous atteignons le Col de Portet (2219m-12km) en 2h23. En avance sur le plan 15h !

Rapide ravitaillement avant de repartir sur un beau chemin sur lequel nous pouvons courir régulièrement avant de remonter vers le Lac de Bastan.

Nous passons au dessus des nuages et la luminosité nous permet d'éteindre nos frontales. Les sommets sont dégagés : la journée va être belle :

 

 

Nous passons le premier des lacs :

 

 

 

Nous continuons notre progression vers le lac supérieur, le col de Bastanet en point de mire :

 

 

Nous sommes rejoints par Chabidou :

 

 

Yvan est toujours à mes côtés :

 

 

Dans cette montée, nous sommes déposés par Bernard (Caroux434) qui nous annonce en se fendant la poire avoir pris le départ avec 35 min de retard suite à une panne de réveil. Quelle niaque, il s'envole vers le haut comme un avion.

A l'approche du col, nous apercevons Michel plus bas :


 

Michel qui ne tarde pas à nous rejoindre :

 

 

Petite photo souvenir du col de Bastanet (2507m-19km) :

 

Photo Michel

 

Pour l'instant, tout va bien, tout le monde souris!! Pourvu "qu'ça" dure !

Michel est en super forme et confiant pour tenir son plan : 14h.

Il terminera bien avant nous en 13h59 : c'est de la  gestion de course tip-top.

Il s'élance donc dans la descente comme un cabri.

Nous entamons la descente à notre tour et je m'attends ici à ce qu'Yvan passe à la vitesse supérieure.

 

Je lui propose de partir devant, il me répond que le rythme lui convient...

 

 

Nous continuons  donc notre bonhomme de chemin en duo en longeant des laquets :

 

 

avant d'atteindre le lac de Campana :

 

 

et son refuge :

 

 

Nous continuons notre descente :

 

 

Une fois passé le lac des Gréziolles, nous repassons sous les nuages et le terrain redevient humide.

 

 

Nous atteignons le ravitaillement d'Artigues (1190m-29,6km) en 5h43 avec 20 min d'avance sur le plan 15h.

Remplissage en eau, dégustation de soupe, saucisson, jambon, fromage et oh surprise, c'est Thomas qui nous rejoint. Il est apparemment en grande forme : il nous suivra de près jusqu'au col de Sencours.

 

Je repart un peu avant Yvan en marchant tranquillement et en profite pour téléphoner à Flo qui me prodigue des encouragements nourris : c'est beaucoup mieux que l'EPO.

Yvan me rejoint et nous reprenons notre allure de montée.

 

Photo Yvan

 

Une vilaine douleur talon-tendon d'achille gauche se réveille : elle reviendra par la suite dans chaque montée. J'essaye d'en faire abstraction pour me concentrer sur le chemin et ses embûches.

Nous passons à nouveau au-dessus de la mer de nuage et le pic du Midi se découvre :

 

 

Et ça monte :

 

 

Yvan est toujours à mes côtés :

 

 

Le col se rapproche, nous sommes à mi parcours et quelques concurrents tentent de surmonter leur coup de mou.

 

 

Yvan me prend aussi en photo :

 

 

Le col de Sencours (2378m-37,3kms) est enfin atteint en 8h02 avec 30 min de retard sur le plan 15h ! Pourtant je n'ai pas  l'impression d'avoir chômé dans cette section !!

C'est pas grave, l'essentiel c'est de continuer à avancer.

Yvan profite de cette pause pour passer à table, comme au resto !!

 

 

Je m'assois également, même si je n'ai toujours pas eu de coup de mou comme l'an passé.

Thomas nous rejoint peu après et repart assez rapidement ( il doit penser que nous le rattraperons dans la descente !!!)

Après m'être restauré je repart en indiquant à Yvan que je descend en marchant tranquillement pour l'attendre.

 

 

J'entame donc tranquillement la descente vers Tournaboup, pensant qu'Yvan allait me rejoindre rapidement mais commence à m'inquiéter au bout d'une demi-heure.

J'hésite sur la conduite à tenir : m'arrêter pour l'attendre (même si on ne s'est encore rien dit, il est clair que nous sommes partis pour aller au bout ensemble, sauf blessure de l'un de nous deux) ou continuer seul jusqu'à Tournaboup et aviser à ce moment.

Sur ce, je vois sa silhouette apparaître plus haut et lui fait de grands gestes...

En me rejoignant, il m'explique qu'une douleur à la cheville l'empêche de dérouler...

 

 

Nous atteignons le ravito de Tournaboup (1464m-44,5kms) à 14h38...Nous sommes maintenant sur la base d'un finish en 17h . Je signe tout de suite.

Nous retrouvons Thomas qui se fait strapper la cheville.

Nouveau rituel : remplissage en eau, goinfrerie de quartier d'orange et nous repartons. Nous ne voyons pas Thomas (il nous dira plus tard être parti en nous pensant devant, et du coup, à vouloir nous rattraper à tout prix terminera en moins de 16 h, explosant sa perf de l'an passé : chapeau bas) et nous ne savons pas que nous sommes en fait derrière lui.

 

Nous attaquons donc la longue montée vers la cabane d'Aygues Cluses en doublant les valeureux coureurs de l'ultra qui ont 120 kms dans les pattes avec à chaque fois un petit mot d'encouragement.

 

 

Certains sont encore relativement en forme, d'autres sont plutôt à la dérive...

 

Pour ma part, un petit souci apparu dans la descente du col de Sencours devient franchement pénible : je pense avoir contracté une conjonctivite (sensation de grain de sable dans l'oeil + larmoiement quasi continuel).

 

Photo Yvan

 

A cela se rajoute un "peu" de fatigue, et notre rythme baisse sensiblement.

Passé la cabane d'Aygues Cluses, Yvan ressent un besoin impérieux de manger et nous nous arrêtons 5 min avant d'attaquer les 300 m de dénivelé qui nous attendent pour rejoindre le col de Barrège.

 

Photo Yvan

 

300 m de dénivelé qui s'avéreront interminables : gros gros coup de mou, arrêt tout les 5 pas, envie de vomir....Et cette montée qui n'en fini pas.

 

 

Seules satisfactions : nous ne sommes pas les seuls à être à la ramasse et les paysages sont magnifiques.

 

 

Nous atteignons enfin ce satané col (2469m-52,6kms)

Je demande aux secouristes s'ils ont quelque chose pour mon oeil : rien, il faudra que je fasse avec jusqu'au col de Portet.

Nous engageons tranquillement la descente vers les laquets Coste Queilliere :

 

 

Yvan a toujours sa douleur au releveur qui l'empêche de trottiner.

Nous continuons à croiser régulièrement des gars de l'ultra, impressionnants dans l'effort.

 

 

Dans la descente vers le lac de l'Oule, je prends un peu d'avance sur Yvan pour m'arrêter , besoin naturel oblige.

Nous atteignons le contrôle du lac de l'Oule(1818m-58kms) à 19h04.

Je passe un coup de téléphone à Flo qui m'apprend que Michel vient d'en terminer..J'en informe son frère et nous conversons tranquillement en longeant le lac de l'Oule..

le soleil se couche et le vent devient glacial : nous enfilons nos coupes vent...

Au bout du lac, nous attendent les derniers 364 m de dénivelé à remonter.

Après le gros coup de mou du col de Barège, je suis inquiet sur ce qui nous attend!!

Et, étonnement, ça passera plutôt bien. Le soleil réapparait, les coupes vent tombent et nous progressons à un rythme de randonneurs, pas super rapide certes, mais on avance et c'est là l'essentiel.

 

 

Nous arrivons au col de Portet (2215m-62,6kms) à la tombée de la nuit (20h17). Il y fait un froid glacial.

Je passe sous la tente des pompiers : un pompier me prend en charge, il ne pense pas à une conjonctivite mais à un corps étranger. Il me rince abondemment l'oeil avec un sérum et effectivement, ça va beaucoup mieux.

 

Photo Yvan

 

Ouf, je suis rassuré, je n'aurai pas à descendre avec un oeil larmoyant en permanence. Merci monsieur le pompier.

Nous repartons pour les 1400 m D- de descente sur les 12 derniers kms .

Yvan s'arrête pour enfiler un caleçon. Je continue un moment seul, allume la frontale pour être surpris de voir Yvan débouler, tout sourire. Ca sent la fin, le finish et les jambes retrouvent de l'entrain sur la crête du cap de Pède. il fait maintenant nuit noire et nous apercevons les lumière de St-Lary.

 

Photo Yvan

 

Un raidillon nous brulera bien les quadriceps avant d'atteindre Soulan.

Plus bas un petit problème de balisage, ou plutôt de non débalisage nous fera perdre une dizaine de minutes.

Nous atteignons le Vignec, et commençons à trottiner puis à courir comme si nous étions tout neufs (c'est juste une impression) pour finir main dans la main au "sprint".

 

Photo Michel

 

ON L'A FAIT. ON A TERMINE.

Au diable les plans avec temps de passage, l'essentiel est là : terminer.

 

Malgré nos têtes de zombies, c'est avec fierté que nous exhibons le tee-shirt finsher tant convoité pendant 17h55..

 

Photo Michel

Un grand merci à toi Yvan d'avoir partagé cette aventure à la fois sportive et surtout humaine.

 

Merci à Flo, Jolan et Camille pour leur messages d'encouragements tout au long de cette longue journée.

 

Un grand coup de chapeau à Michel, Romain , Thomas pour avoir atteint ou dépassé leurs objectifs.

 

Un clin d'oeil à tous les kikoureurs rencontrés (qu'ils m'excusent s'ils ne sont pas tous cités : c'est que vous étiez certainement loin devant).

 

Et un grand bravo à tous les participants des 2 épreuves de s'être engagé dans cette rude, très rude épreuve.

 

Mention à l'attention des organisateurs : c'est du très haut niveau, bravo.



 

Commentaires

Michel site : sentier-libre.blogspot.com/ | le 31/08/2009 à 18:21:20 
Salut Francis, 
Tu es le premier à avoir dégainé et sorti un récit du GRP2009. Je me replonge avec plaisir dans ce parcours avant de me mettre moi aussi à écrire. 
Très content qu'avec Yvan vous ayez partagé cette grande et belle aventure. 
Bravo à vous deux, vous avez bien fait de partir devant comme ça on a pu se voir ;-) 
A la prochaine...


caroux le 31/08/2009 à 18:35:19 
Superbe récit, photos splendides, course impeccable, que rajouter ? 
Bravo


Steve le 31/08/2009 à 21:25:39 
Salut Francis, 
décidement tu as pris l'habitude de faire tes ultras en tandem. Aprés les templiers 2008 avec Michel, tu enchaine avec une grosse partie des Citadelles 2009 avec moi et pour finir, le GRP avec Yavn. A qui le tour ? 
Restons sérieux, trés beau récit qui me fait regretter encore plus de ne pas avoir été de la partie. 
Belle aventure et encore bravo pour ce nouveau tee-shirt de FINISHER. 
RDV au TOG. 


Arnaud le 01/09/2009 à 17:45:56 
Hello Francis, 

Bravo pour ce 75 km. Cette année, ca n'était pas évident non plus. 
J'ai eu des échos de Toom, sur ton parcours et ton association avec Yvan. 
J'espère qu'on aura l'occasion de se recroiser prochainement. Au moins pour une reco pour les citadelles version 2010. 

Félicitation et bonne récupération


romain site : grumlietraileur.blogspot.com/ | le 02/09/2009 à 08:10:25 
Quelle belle équipée menée à bon port! Heureusement que vous n'avez pas trop attendu Thomas... 
C'est sympa de voir l'évolution de la météo sur les photos de chacun.... 
Encore bravo pour cette belle course et à très bientôt pour de nouvelles aventures!


pierre le 04/09/2009 à 10:59:55 
bonjour francis, 
Félicitatiiiooonnnnn!!! 
Quel beau récit, de belles photos, une musique prenante, en vous lisant nous y sommes vraiment!! (aie aie aie j'en ai presque mal aux jambes....) 
Ravi pour vous de cet objectif atteint, c'est énorme encore bravo pour tout.! 
pierre?? 


yvan site : yvan11.over-blog.com/ | le 05/09/2009 à 13:33:54
Superbe récit de l'aventure du GRP.
Je l'avais lu le 1er jour puis j'ai préféré attendre d'avoir écrit le mien pour m'y replonger.
Je pense que je le relirai souvent pour ne rien oublier de cette belle et longue journée passée à tes cotés sur ces beaux sentiers pyrénéens.
Merci encore...
Ca été dur mais on l'a eu la camiseta !!!
Amicalement
Yvan


Le 31/08/09 à 17:55, commentaire de BADGONE
merci pour ce récit , fort bien illustré en plus !
Très belle perf. Ta joie fait plaisir à voir. Elle est légitime.
En espérant te revoir , mais cette fois pour courir à tes côtés (du moins essayer).


 

Le 31/08/09 à 22:31, commentaire de BENOS
MA-GNI-FIQUE ! Bravo Francis et à toute la bande !


 

Le 31/08/09 à 22:33, commentaire de Berty09
Bravo Francis
Quelle aventure quand même! Quand je pense que j'ai trouvé dure ma dernière course en montagne de 15 km...
Bonne continuation


 

Le 31/08/09 à 23:05, commentaire de Ben64
Récit génial, merci beaucoup!
Avec en prime de splendides photos!
Quelle magnifique de courage et d'abnégation dans l'effort sans oublier une solidarité à toute épreuve qui vous a fait arriver au bout.

Félicitations


 

Le 01/09/09 à 07:58, commentaire de le solitaire
BRAVO Francis,un super récit pour cette belle aventure. Les photos sont superbes.
Bonne récup.


 

Le 01/09/09 à 13:51, commentaire de frankek
on n'arrete plus Francis ! bravo et que de chemin parcouru depuis les templiers...bravo et récupère bien.


 

Le 01/09/09 à 21:13, commentaire de Lucien
Super ton récit, belles photos et belle course. Bravo pour ta perf et à tous ceux qui t'ont accompagné pendant ces moments magiques. Salut.

Le 04/09/09 à 18:03, commentaire de laulau
Merci Francis pour ce récit...Je ne peux qu'être à Vielle-Aure fin août 2010 !
Laurent

Le 05/09/09 à 21:55, commentaire de Oliv'BCA
Super course, super CR et super photos... que demander de plus


Le 06/09/09 à 19:07, commentaire de martinev
Super ton compte rendu, et bravo pour toutes ces belles photos.
Comme tu le dis, l'essentiel c'est d'être allé au bout, félicitations

Le 09/09/09 à 08:52, commentaire de Eric Kikour Roux
Bravo Francis! L'an prochain, tu nous prépares la grande boucle du même massif? Ne dis pas que tu n'y penses pas ... tu es déjà prêt! Le principe est le même, juste vouloir terminer!
Encore bravo.

Eric




Posté le 31/08/2009 | 113 consultations | 7 commentaires | Voir et commenter l'article

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